| 30.10.08 Allocution de Mme Rama YADE à l'inauguration de l'exposition de Pirosmani à Vezley |
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Allocution de Mme Rama YADE Secretaire d'Etat aux affaires étrangères,à l'inauguration de l'exposition de Pirosmani à Vezley
Allocution, mairie de Vézelay, jeudi 30 octobre 2008.
Monsieur le Maire, Monsieur le Sénateur, Monsieur le Président du Conseil Général, Monsieur l’Ambassadeur, Mesdames, Messieurs,
Grigol ROBAKIDZÉ[1] disait « Regarde Pirosmani, tu croiras en la Géorgie ». Et après avoir visité l’exposition de Niko PIROSMANI au musée Zervos de VEZELAY, je ne peux que mesurer combien ROBAKIDZE avait raison. Toile après toile, c’est toute la grandeur d’âme, la magnificence, du peuple géorgien que l’on saisit au travers d’une collection d’une étonnante modernité.
J’ai été très touchée par l’humanité, la générosité qui ressortent des tableaux de celui que les Géorgiens considèrent comme l’un de leurs trésors nationaux.
En parcourant l’exposition, je me disais que l’art a cette vertu spécifique de toucher l’homme dans ce qu’il a d’universel, tout en étant profondément enraciné dans une histoire et une culture. Molière disait qu’il fallait s’attacher au particulier pour être universel.
Et Niko Pirosmani, c’est exactement cela : comme tous les grands peintres et tous les grands artistes, c’est un regard très personnel, une réalité géorgienne, et une œuvre universelle.
Comme Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, je me suis déplacée dans de nombreux pays. Et loin des dorures institutionnelles, j’ai toujours préféré le terrain, privilégiant la réalité, même dans ce qu’elle a de plus douloureux. Et aux quatre coins du monde, j’ai découvert que, au sein de cultures très éloignées les unes des autres, les hommes étaient au fond les mêmes. Le regard de l’enfant des rues de Kaboul n’est pas différent de celui du petit Haïtien. Les femmes moldaves victimes de la traite expriment les mêmes craintes, le même désespoir, que les femmes martyrisées de l’est du Congo. Cette exposition me ramène donc pleinement à cette conviction qui s’enracine en moi de plus en plus, celle de l’unicité de l’homme. Et cette unicité, l’universalité de l’art en est, depuis toujours, l’expression la plus magique.
L’Yonne a décidé, il y a dix ans, sous l’impulsion d’Henri de Raincourt, qui était alors Président du Conseil général, de nouer un partenariat économique et culturel avec la province natale de Niko Pirosmani, la KARÉTIE. Si au départ, Monsieur le Président, c’est la culture commune de la vigne qui a rapproché votre département de cette région située au pied du Grand Caucase, on voit aujourd’hui, après une décennie d’échanges fructueux, que ce partenariat est devenu une véritable alliance de fraternité, de solidarité.
Plus qu’un échange entre deux régions, c’est aujourd’hui une union entre des hommes qui s’est constituée. Des hommes qui ont appris à se connaître, à s’enrichir, à se rapprocher au-delà des frontières, tout simplement. Et aujourd’hui, plus que jamais, la Géorgie a besoin de notre attention et de notre soutien. Comme je vous l’ai entendu dire, Monsieur l’ambassadeur Kuvada, la France a su réagir, dès les événements du mois d’août, et apporter, non seulement l’aide de la France, mais celle de toute l’Union européenne, pour la cessation des combats et la recherche d’une solution négociée entre la Géorgie et la Russie. Et si le Président de la République et les autorités de l’Etat français ont su se mobiliser, je sais aussi que les collectivités locales n’ont pas été en reste. En accordant en août dernier une aide alimentaire et médicale aux réfugiés, le Conseil Général de l’Yonne a lui aussi participé à cette main tendue par notre pays à la Géorgie.
Aujourd’hui, sur le terrain, sont déployés des observateurs de l’Union Européenne, et en particulier des Français, pour s’assurer du respect des accords signés entre le Président de la République, le Président Sakachvili et le Président Medvedev.
Le chemin de la paix est encore long, mais nous sommes ici à Vézelay, et les pèlerins qui s’arrêtent dans cette si belle cité, avant de reprendre leur route pour Saint-Jacques de Compostelle, ne sont pas effrayés de la longueur du voyage, car la lumière de l’espérance guide leurs pas, à chaque instant.
Dans cette espérance légitime qui est la vôtre, qui est celle de tous les géorgiens, nous sommes à vos côtés, et je ne doute pas un instant que vos amis qui sont ici, le sénateur Henri de Raincourt, le président du conseil général de l’Yonne, Jean-Marie Rolland et le maire de Vézelay, André Villiers, ainsi que tous ceux qui sont dans cette salle partagent cette espérance.
Je vous remercie
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